Dans le but de découvrir et comprendre les différentes relations culturelles qu’entretient la France avec ce petit coin de la planète, et la vision de la France en Tasmanie, je trouvais intéressant de rencontrer une responsable d’une Alliance Française en Tasmanie et donc à Hobart où je me trouvais. Je remercie du fond du cœur Mme Jackson pour le temps qu’elle nous a consacré, pour sa sympathie, sa spontanéité, son humour et sa chaleur humaine débordante que j’espère vous ressentirez dans ces lignes…et surtout pour son Français absolument parfait ! ! !
Caroline Jackson, présidente de l’Alliance Française de Hobart rencontré au « Republic bar & cafe », North Hobart :
Jeremy : « Caroline Jackson bonjour. Alors pour débuter cet entretien pouvez vous vous présenter, parlez de votre parcours et nous expliquer comment vous êtes arrivé à Hobart et surtout comment est née cette affinité avec la France ? »
Caroline : « Je suis née à Hobart et j’ai appris le français à l’école puis l’ai étudié à la fac. J’ai eu la chance de visiter la France cinq fois. La première fois j’étais trop petite, je ne me souviens pas. Mon père avait du travail en Angleterre et nous avions passé 8 jours à Paris. La seule chose dont je me souvienne c’était aux Galeries Lafayette ! J’avais touché quelque chose et une vendeuse m’a tapé sur la main en disant « vilaine petite fille, il faut pas faire ça ! ». Bien évidemment à l’époque je ne parlais pas un seul mot de français mais j’avais bien compris qu’elle n’était pas contente (la voie, le langage du corps)."
Jeremy : « Pas le meilleur souvenir qui soit pour un premier contact ! »
(Rires)
Caroline : « N’empêche que j’y suis retourné ! J’ai donc étudié les langues à l’Université de Hobart le Français et l’Allemand. Il faut savoir que dans les années 70 en Australie il n’était pas possible d’étudier les langues asiatiques alors que maintenant les choses s’inversent…malheureusement je trouve !"
Jeremy : « Oui nous avons abordé ce sujet avec Mme la Consul… »
Caroline : « …Oh Dianne Bye, je la connais très bien, nous sommes des amis depuis de longues années. C’était une ancienne prof elle aussi. Il se peut d’ailleurs quand j’aurai pris ma retraite un de ces jours je serais moi même consul à l’étranger…enfin je ne sais pas !"
Jeremy : « Oui vous semblez avoir un parcours un peu similaire. Pourquoi et comment êtes vous arrivé dans cette Alliance Française ? »
Caroline : « Quand j’étais étudiante, j’étais membre de l’Alliance (j’en suis membre depuis 35 ans), c’était une bonne occasion de rencontrer d’autres francophones sans les contraintes universitaires et toutes ces questions sur la littérature française (que j’adore absolument je peux citer Proust, j’ai écrit 40 pages sur lui, je le connais à fond, j’ai des tomes de Proust sous mon lit, et bien sûr la poésie et la littérature du grand siècle de Molière !!!). A l’Alliance c’était différent, on ne parlait pas de tout ça mais des choses ordinaires. On regardait les films français qui dans les années 70 étaient difficiles à trouver. Le premier film que j’ai vu était « un homme et une femme » de Claude Lelouch. Ca m’avait beaucoup impressionné, encore aujourd’hui d’ailleurs. Je le porte vraiment dans mon cœur !"
Jeremy : « A partir de ce moment vous avez commencé à être de plus en plus active au sein de l’Alliance ? »
Caroline : « Oui, mais dans les années 80 j’étais tout de même moins active mais toujours membre, j’ai toujours gardé contact. Mes enfants étaient petits, j’étais beaucoup moins disponible, je ne pouvais assister à toutes les réunions. Dans les années 70 il y avait six françaises qui avaient épousé des tasmaniens et sont venues vivre en Tasmanie. Elles sont devenues mes amis et les quatre qui sont restées, sont toujours mes amies. Toutes les fois qu’on se croise dans la rue, au supermarché, on se parle français. C’était et c’est très bon pour moi de pouvoir parler français, parce que j’aime ça. »
Jeremy : « Oui, pourquoi cette passion ? »
Caroline : « C’est une très belle langue comme tu le sais. Et comme je l’ai dis j’aime votre poésie et la littérature mais je crois aussi que je me sens vraiment à mon aise en France, que j’ai une âme européenne. L’esprit de la plupart des tasmaniens est assez borné je trouve ! Il est fréquent de voir des gens qui n’aiment pas les homosexuels. Si on est prof, il est impossible de dire qu’on est homo (oh moi je ne le suis pas ! Je suis hétéro ! J’ai été marié pendant plus de trente ans! (Rires)). Mais j’ai des amis qui ne peuvent pas dire ce qu’ils aiment faire pendant leur temps libre par exemple ! De la même manière je crois que les gens n’acceptent pas tellement les musulmans. Il n’y en a pas beaucoup mais moi-même j’ai une belle fille qui est musulmane, et bien sûr qui n’est pas fanatique ! Elle ne veut pas remettre les pieds en Malaisie mais rester ici en Australie dans le New South Wales (Etat de la ville de Sydney). J’aime la façon de penser des européens en contraste avec les tasmaniens. Je pourrais très facilement aller vivre en Europe je crois, mais c’est maintenant trop tard, à mon âge je ne trouverai jamais d’emploie. »
Isabelle : « Mais on trouve cela aussi en France, ce conservatisme, ce racisme latent, cette peur, ayant passé un an là-bas, je l’ai ressenti (même si j’adore la France aussi !). Ca doit se trouver partout je pense. »
Caroline : « Oui, oui c’est vrai ça se trouve partout. Il y a des petits coins qui sont réfractaires aux changements. On n’a toujours fait ceci, on ne veut pas changer, pourquoi changer…etc. »
Isabel : « Vous êtes heureuse ici, en Tasmanie ? »
Caroline : « Oh oui ! C’est un super endroit pour élever ses enfants (j’en est 4 !). On peut toujours sortir sans verrouiller sa porte. J’ai des amis et deux de mes fils sont toujours ici. Mais j’aime voyager et j’espère retourner en France vers le mois de Mai/Juin de l’année prochaine. »
Jeremy : « Vous êtes donc professeur. Est ce que les profs en Tasmanie ont autant de vacances que les professeurs en France ? »
(Rires)
Caroline : « 12 semaines par an oui ! C’est un des emplois où on a le plus de vacances, mais on le mérite Jeremy, on le mérite ! (Dit elle en tapant sur la table). Parce que les enfants ces jours-ci…oh là là…la discipline n’existe plus, beaucoup d’impolitesse !"
Isabel : « Où est ce que vous enseignez ? »
Caroline : « je suis prof en ce moment à The Friends School (c’est un Lycée), c’est la plus grande école de Hobart. »
Isabel : « J’étais là-bas moi aussi ! »
Caroline : « Mais je vais retourner au département de langue moderne de l’université l’année prochaine, parce que je franchement je n’aime pas trop »
Isabel : « Où étais tu avant ? »
Caroline : « Partout, partout ! Je parle français, allemand, indonésien et j’ai enseigné dans presque toutes les écoles du sud de la Tasmanie »
Isabel : « Est-ce que tu connais ma tante Corinne Robinson ? C’est la femme d’un des frêres de mon père. »
Caroline : « Oh oui ! Ca c’est la Tasmanie Isabel, tout le monde se connaît, tout le monde est parent d’un tel, il ne faut surtout pas dire du mal de quelqu’un de peur que la personne en face n’est un lien de parenté avec !
Jeremy : « Pouvez vous nous dire comment s’organise votre vie autour de l’Alliance Française et qu’est ce que cela représente pour vous, comment se traduit votre engagement ? »
Caroline : « J’essaye d’organiser ma vie ! Mais avec le travail et l’Alliance je n’ai pas beaucoup de temps libre. On m’a élu présidente de l’Alliance Française en Août 2007 et ça m’intéresse beaucoup surtout quand les jeunes français me contactent. Mon prédécesseur parlait en anglais la plupart du temps pour ne pas faire peur aux membres qui ne parlaient pas beaucoup le français mais moi je crois que si on choisit les mots, si on ralentit, même ceux qui ne parlent pas très bien le français peuvent comprendre ce qu’on dit. Par exemple utiliser le mot « content », qui ressemble à « containt » en anglais, au lieu d’ « heureux ». Il y a toujours moyen de s’arranger pour que tout le monde comprenne. »
Jeremy : « Alors Caroline pouvez vous nous dire ce que fait exactement l’Alliance Française ? »
Caroline : « L’Alliance Française à Hobart est un peu différente des autres Alliances. En ce moment on ne donne pas de cours de français à cause du fait qu’ Hobart n’est pas très peuplé et il y a déjà trois organisations qui offrent des cours de français. On a essayé de donner des cours il y a plusieurs années mais une de nos membres a démissionné de l’Alliance en disant « vous volez mes élèves, ce n’est pas juste… ». C’est difficile à Hobart parce que tout le monde se connaît. Mais j’espère qu’à partir de 2009 on va commencer par offrir des cours de français aux jeunes, aux enfants des familles françaises qui habitent en Tasmanie. Il y en a une douzaine qui travaillent pour le CSIRO (Centre de recherche océanographique). On organise des rencontres sociales tous les mois, on se réunit dans un café dans le centre ville pour avoir des conversations, on regarde des films français, on fait des randonnées en voiture…Il y une philosophie ici qui veut que tous les francophones ne se sentent jamais seules. Si on se sent seul on peut toujours téléphoner, contacter quelqu’un et on vous invite à déjeuner, des choses comme ça ! La plupart des membres sont australiens comme moi parlant français. »
Isabel : « Je me demandais justement combien de membre compte l’Alliance à Hobart? »
Caroline : « Il y a 75 membres ce qui est pas mal ! Il y a aussi une Alliance Française à Lanceston et une au Nord-Ouest ce qui fait trois Alliances en Tasmanie. Mais aucune n’offre des cours à cause de la population. »
Isabel : « Je me souviens quand j’étais au Lycée d’un concours de poésie organisé par l’Alliance, vous le faites toujours ? »
Caroline : « Oh oui ! C’était moi qui ai organisé ce concours en 1997 et ce pendant 10 ans ! En ce moment il ne se limite plus qu’à la poésie, il y a aussi des compréhensions de lecture et d’écoute de conversations. Il est donc organisé tous les ans pendant les mois de Juillet/Aout. C’est le plus grand concours de langue moderne en Tasmanie avec plus de 300 candidats ces dernières années. Il y a des concours spéciaux selon les âges: les écoliers doivent dessiner des affiches sur un thème avec bien sûr deux, trois mots en français selon l’âge. Puis aussi pour les lycéens et étudiants avec là de véritables poésies (toujours choisies selon le niveau de classe). Par exemple pour les élèves en année 7 (niveau collège) on peut apprendre par exemple « Le Pélican » de Robert Desnos alors qu’en année 12 (niveau terminal) ça peut être une sonate de Baudelaire. Moi-même j’écris des compréhension de lectures et auditives. Pour ces dernières il faut que les étudiants écoutent un passage lu en français par une française ou un français et qu’ils répondent en anglais à des questions posées pour comprendre le fond de ce qui a été dit. En ce qui concerne la poésie on juge la mémorisation, la diction, l’intonation, la prononciation et surtout l’émotion transmise. Par exemple, si on récite « le dormeur du val » de Rimbaud, il ne faut pas avoir de sourire aux lèvres !!! »
Jeremy : « Comment pensez vous que la communauté française est accueillie en Tasmanie ? »
Caroline : « Franchement, je ne crois pas que la plupart des tasmaniens savent qu’il y a une communauté francophone. On essaye toujours de faire publier dans le journal les résultats de notre concours, mais il n’y a pas un très grand intérêt. On téléphone aux journaux, aux chaînes de télévision pour venir…mais non, on ne s’y intéresse pas. Ca n’est pas du sport !!!(Rires). Même si moi-même j’adore le sport : le cricket, le foot, le tennis, la formule 1. C’est la religion principale en Australie ! Alors apprendre les langues modernes à côté ce n’est pas vraiment la priorité…et c’est un peu dommage !"
Isabel : « Et où en est on aujourd’hui dans l’enseignement des langues comme le français dans nos écoles ? »
Caroline : « À partir des années 1990, le gouvernement à Canberra a donné de l’argent aux écoles si elles commençaient à enseigner une langue moderne à partir du « grade 3 » (école primaire). La plupart des écoles ont acceptées ça seulement pour percevoir les subventions, je le sais bien ! Et aujourd’hui il n’y a plus assez d’argent et les écoles, beaucoup d’écoles cessent d’enseigner. C’est vraiment triste."
Jeremy : « Est-ce que l’Alliance rappelle également les différents échanges, et contacts historiques qui ont pu avoir nos deux pays ? Je pense notamment aux 1ers explorateurs français du 18ème siècle en Tasmanie, pouvez vous aussi nous en dire plus ?"
Caroline : « Oui ! Tous les deux ans il y a un festival qui s’appelle « From France to Freycinet » à Swancy sur la côte Est où l’on se réunit. Cette année, en Mai, il y avait des danses, de la cuisine française, des discours. On peut jouer à la pétanque ! Il y a des groupes musicaux qui viennent jouer. Il y a aussi une exposition au « Bark Mill Museum » sur ces fameux explorateurs français qui étaient Antoine Bruny d’Entrecasteaux, Louis de Freycinet, Nicolas Baudin et les membres de leurs expéditions comme François Péron, Labillardière, Huon de Kermadec. En effet beaucoup d’endroit sur la côte Est de la Tasmanie portent ces noms français : « Bruny Island », « Freycinet National Park », « d’Entrecasteaux Channel », « Huon river », « Huonville ».
Je trouve toute cette Histoire commune très intéressante. L’explorateur le plus connu est, je pense, d’Entrecasteaux qui avait deux bateaux dont l’un des capitaines était Huon de Kermadec. D’ailleurs les endroits comme « Recherche bay » et la région de l’« Espérance » sont les noms des navires de l’exploration. Il avait été envoyé en Australie par Louis XVI, pour rechercher un autre explorateur, La Pérouse, dont on n’avait plus de nouvelles. Il était arrivé à Sydney 4 jours après le Capitaine Philip d’Angleterre fin Janvier de l’année 1788, puis est allé faire des recherches dans le Pacifique et a disparu. La légende dit même que le Roi de France, grand passionné de recherches scientifiques, devant l’échafaud, a eu comme derniers mots: « A-t-on des nouvelles de M de La Pérouse ? » c’est écrit dans l’Histoire ! Une autre anecdote marrante est que si La Pérouse était arrivé une semaine avant à Sydney (et donc avant les Anglais), c’est nous qui parlerions français et apprendrait l’anglais !
Il y avait aussi Louis de Freycinet qui a voyagé et qui a donné la « Freycinet Peninsula ». Egalement « le Cap Péron », Péron qui faisait partie de l’expédition de Nicolas Baudin en 1802. Même si on a anglicisé certaines régions comme « Storm bay », qui était « la baie des tempêtes » d’autres sont restées écrits en français comme « L’Ile des Phoques »."
Jeremy : « Et toute cette histoire autour de ces noms de lieux qui témoignent d’une présence française en Tasmanie est connue d’une manière général par les Tasmaniens ? »
Caroline : « Non absolument pas ! Quand j’enseigne le français, je veux que mes élèves sachent ça. Je donne une carte blanche de la Tasmanie et ils doivent écrire tous les endroits qui y ont des noms français, et ça les étonne toujours, et ils s’intéressent ! Maintenant avec Internet ils peuvent en apprendre davantage. Et moi, ce que j’espère, c’est qu’en rentrant chez eux ils disent à leurs parents « est ce que tu sais papa que Huonville a été nommé comme ça après l’exploration d’un français ? ». Je ne sais pas si ils le font, mais en tout cas je l’ai pousse à le faire !"
Isabel : « A mon avis l’intérêt s’est intensifié avec le débat autour de Recherche Bay. Je me souviens que c’était pour moi une des premières fois où j’entendais parlais des explorateurs français arrivés en Tasmanie à travers ce débat pour sauvegarder la forêt et tout ce qui s’y était passé, notamment les relations des français avec les indigènes. »
Caroline : « Oui un peu c’est vrai. On dit qu’on y a découvert le premier jardin potager en Tasmanie, et qu’il avait été fait pas des français. Ceci témoignerait de leur vie sur place pendant un certain temps et surtout de leurs relations, leurs échanges avec les aborigènes. Mais une chose est sûr c’est que le premier européen à avoir été enterré en Tasmanie était français, de l’expédition de d’Entrecasteaux ! On ne sait pas comment il est mort mais on a retrouvé la croix et son inscription. Il parait aussi que les français s’entendaient beaucoup mieux avec les aborigènes que les Anglais. Ca se comprend facilement : c’était des scientifiques, ils venaient pour les recherches et non pour coloniser, dominer et tuer !"
Jeremy : « Est-ce qu’en ce moment vous êtes sur un projet en particulier avec l’Alliance ? »
Caroline : « Oui, nous organisons une rencontre autour d’un arbre de Noël dimanche prochain. Le dimanche suivant nous organisons une visite dans une miellerie au Sud de Hobart dirigée par un français, Yves Ginat. Il se sont installés lui, sa fille et sa compagne à ill. C’est une petite structure, on va pouvoir pique-niquer dans les jardins, avoir notre « déjeuner sur l’herbe » (rires), et il va nous parler des fleurs dont il a besoin pour produire un certain miel…etc. Pourvu qu’il ne pleuve pas ! C’est l’occasion de rigoler avec un peu de vin et surtout de parler français et même pour ceux qui ne parlent pas très bien français ce n’est pas grave, comme j’ai dit, on ralentit les phrases. On sait en plus que les français font beaucoup de gestes et puis un sourire, c’est un sourire dans n’importe quelles langues !"
Isabel : « Il y a des gens d’âge très différent à l’Alliance ? »
Caroline : « Oui, il y a des étudiants de la fac à partir de 18/19 ans mais je dirais qu’ un tiers de nos membres on déjà pris leur retraite. Il faut toujours choisir des activités, au moins une fois par mois, qui ne coûtent pas cher. Ils aiment aller au Cafe Bojangles, tout le monde peut s’acheter un café et pendant une heure et demie on parle français pour le prix d’un café !"
Jeremy : « Etes vous en relation avec d’autres Alliances à l’étranger ? Avez-vous des désirs particuliers concernant votre Alliance Française ? Des échanges plus intenses avec la France même peut être ? Quels sont vos contacts là-bas ?"
Caroline : « Non nous ne sommes pas en rapport avec d’autres Alliances à l’étranger, juste en Australie. J’ai un très bon ami en France qui habite Strasbourg, il était étudiant à la fac avec moi et il a épousé une alsacienne. Sa sœur et son frère sont toujours là. D’ailleurs il va rentrer en Tasmanie, un peu après Noël et bien sûr toutes les fois que je visite la France, il m’accueille. J’ai une amie française en Bourgogne chez qui je reste aussi. Voilà je n’ai pas vraiment de contact avec les Alliances en France.
Parce que, quand je voyage, j’aime voyager seul, j’aime être libre de me réveiller le matin en me disant « oh qu’est ce que je vais faire aujourd’hui ? » ! Je connais l’adresse Boulevard Raspail de l’Alliance française à paris et on a échangé des mails mais je n’y suis jamais allé !
Enfin tout ça convient très bien à nos membres, qu’on essaye de garder. Depuis les derniers 18 mois nous nous sommes agrandis d’ailleurs…enfin c’est quand même difficile, mais on fait de son mieux !
Ce que je voudrais vraiment c’est commencer à donner des cours de français pour les enfants l’année prochaine ! Aussi une des étudiantes à la fac m’a dit qu’elle voulait débuter un club français et m’a demandé si l’Alliance pouvez les aider. J’ai bien sûr dit oui, qu’on pourrait leur donner un peu d’argent pour acheter des vidéos, des livres qui intéresseraient des jeunes de cet âge, pas Proust ! (rires). Certains des membres, surtout ceux à la retraite, pourraient une fois par mois, par semaine même aller discuter un peu avec les étudiants pendant l‘heure du déjeuner pour toujours plus encourager à parler. Je désirerai aussi soutenir l’enseignement du français parce que ça ne m’étonnerait pas, avec tous les problèmes financiers mondiaux, que le professeur de français à l’université n’existe plus ou se voit couper toutes ses heures !"
Jeremy : « Votre argent vient principalement des membres ? »
Caroline : « Oh oui bien sûr, c’est la cotisation des membres. Des tombolas de temps en temps ! Il y aussi le concours de l’Alliance : ça coûte deux dollars par personne et on demande aux écoles, aux lycées de participer un peu aussi parce qu’il faut acheter des prix qui sont des livres et ça coûte de plus en plus chères. Mais il n’y a bien sûr aucun profit ! Il n’y a pas de personne payé…moi, mon comité, c’est bénévole…parce qu’on aime le français et la France !"
Jeremy: « Je pense qu’on ne peut pas trouver meilleur mot de la fin. Vous aimez le français…ça ne fait aucun doute Caroline. Merci beaucoup ! »
Caroline : « C’était un plaisir Jeremy ! »

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