
Toujours dans ce quartier de Salamanca, très dynamique et aux nombreuses galeries et espaces voués aux arts, comme le Salamanca Art Center, je rentre dans cette sorte de mi-galerie, mi-boutique avec exposition en cours sur les murs et collier de bijoux, sculptures originales, boites et sac présentés sous des vitrines en verre ou des présentoirs un peu partout dans l’espace.
Très vite le contact passe bien avec la gérante, Jacqueline Fivth, qui travaille ici depuis 8 ans, et qui commence à me parler de ce lieu et son fonctionnement, qui existe depuis 28 ans.

Des expositions y sont organisées toutes les trois semaines, ce qui est très intense, principalement des œuvres en deux dimensions et des sculptures. Lors de notre passage il s’agissait d’une artiste de Bruny Island en Tasmanie, Michaye BOULTER qui fait ici sa quatrième exposition.

A chaque fois elle présente un nouveau thème et une nouvelle manière d'aborder les paysages, les reflets de la mer et du ciel ou encore les formes des roches…etc. Ces œuvres sont en effet très atmosphériques et font beaucoup penser à l’art romantique du 19ème siècle. La particularité de la galerie est qu’elle s’adapte à l’exposition et peut se transformer pour créer une ambiance particulière. Ainsi le sol est interchangeable et la couleur des murs peut être modifiée.

Mais en plus des expositions spécifiques ils affichent toujours de nombreuses estampes en cadre d’autres artistes qui profitent alors de l’évènement.
Une autre particularité du lieu est la promotion et la vente uniquement d’artistes tasmaniens. La clientèle est très locale et bien sûr aussi du Mainland, et autres touristes de passages mais Jacqueline insiste pour me dire qu’il ne s’agit pas d’un attrape touriste. On a à faire ici à de véritables œuvres d’art de qualité. Beaucoup de colliers également sont proposés, véritable pièce unique de composition, aucuns ne se ressemblent et sont très prisés. Beaucoup de gens les payent en plusieurs fois et une commode dans le fond de l’espace garde précieusement au chaud ses œuvres d’art avant qu’elles ne puissent pleinement s’exprimer à l'air libre aux yeux de tous. Ils tiennent à jour une base de données de contacts assez importante pour tenir informé les acheteurs, de tous les évènements, expos et également de l'évolution de la côte de certains artistes qu'ils pourraient déjà posséder.
Certains de leur client sont de véritables collectionneurs qui d’ailleurs n’hésitent pas à investir et placer leur argent dans l’art après avoir touché leur « superannuation » (sorte de remboursement sur les taxes payées tout au long d’une année lors de jobs par un organisme spécifique), contrairement aux placements en bourse, des plus délicats en rapport avec la crise financière mondiale.
J’apprends également que le gouvernement tasmaniens a lancé une initiative, dont Jacqueline me vente les mérite et à laquelle la Handmark Gallery participe (il y a une liste de structure participante au projet), pour soutenir la création tasmanienne (œuvre d’art et artisanat) en permettant l’émergence de petits collectionneurs.
En effet cette mesure appelée « Collect, art purchase scheme » (http://www.collect-art.com.au/) encourage tout citoyen australien à emprunter entre 750$ et 7500$ et de rembourser cette emprunt sur 12 mois par débit identique mensuel ! Sorte de prêts à taux zéro qui rappellent une certaine mesure du plan de relance du marché de l’art français proposé par notre très chère ministre de la culture et de la communication Mme Albanel, directement inspiré des anglais et leur système de « Own Art ». Mesure, qui va de pair avec l’augmentation du nombre de foires telle que de l’Affordable Art Fair à Paris et qui mettent à la disposition du public uniquement des œuvres à moins de 5000 €. Alors la question serait de savoir qui copie qui ? Paris s’exporterait il à Hobart ? Who knows…

Jeremy Blahay
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